vendredi 6 mars 2009

Week-End de malade à la sauce Dalton!





EXPEDITION DE WILLIAM, AVERELL ACCOMPAGNES DE LEUR MOMAN MA



Averell et Ma s’étaient mis en tête de partir LOIN de Dalian…enfin, loin…à l’échelle de la France… sortir de la ville quoi!! A 250 km d’ici se trouve la vallée de Binyu, autrement appelée « Little Guilin » pour sa ressemblance avec les paysages du sud de la Chine (montagnes se dressant au milieu du lit d’un fleuve… comme sur les peintures chinoises!). La veille du départ, William est rentré en trombe dans la chambre et a déclaré solennellement: « J’ai décidé: je viens avec vous!!! » (Ma: Ah c’est mon fils ça!!!!!)


Donc samedi matin: levé 5h45 et départ pour la gare de Dalian, où l’on était censé trouver un bus partant directement à la vallée de Binyu. Soit dit en passant: notre seule feuille de route était alors composée d’informations recopiées de différents blogs sur le net (datant d’on ne sait pas quand…mais de source sûre!!!) qui affirmaient que ce lieu était très joli (même en hiver!) et d’après cela nous avons conclu que comme des gens étaient déjà arrivés à y aller, nous le pouvions aussi!!! Foi de Daltons, nous voilà donc parties!

Avant de quitter la résidence, nous avons demandé à la réceptionniste de nous écrire en caractères le nom de la vallée de Binyu… mais ça a eu l’air difficile… elle a demandé à deux autres gardes comment ça s’écrivait, et ils n’étaient pas tous d’accord… là nous nous sommes dit: « ça commence bien!! » Finalement la réceptionniste a sorti une carte du coin et y a trouvé la vallée de Binyu écrite en caractères…ouf, elle existait donc!!! Nous sommes parties avec le nom de la vallée écrite sur un bout de papier, nos sacs remplis de nourriture et d’eau, et nos dictionnaires… La réceptionniste avait l’air un peu dubitative…

A la gare tout n’a pas fonctionné comme prévu! Nous n’avions pas le numéro du bus en question, il nous fallait donc le chercher.. Pas facile quand tous les Chinois vous harcèlent en criant « Hello!!! Hello!!! Tu vas où? Taxi! Taxi!! » On a demandé à droite à gauche, jusqu’à ce qu’un monsieur nous amènent devant un bus qui allait à Zhuanghe (je vous rassure, c’est sur la route…mais à 40 km de Binyu!). Il certifiait que c’était le seul qui pouvait nous amener à Binyu. Sauf qu‘au lieu de partir à 7h30, il partait à 9h30!... Nous sommes montées dans le bus et un jeune nous a demandé de payer 80 yuans le ticket… on était un peu perplexe (dans notre feuille de route il était indiqué que cela coûtait que 45 yuans) mais on n’a pas eu le réflexe de s’indigner… Ensuite nous avons attendu le départ assises dans ce satané bus dont les portes restaient ouvertes et où les températures approchaient doucement (mais sûrement) le zéro degré… William avait les pieds gelés, et a dû rajouter plusieurs paires de chaussettes, commençant à maudire les bus chinois! La dernière demi-heure avant le départ, beaucoup de Chinois sont montés dans le bus, et ont acheté leurs tickets à une dame qui passait exprès dans le rang… nous nous sommes aperçues qu’ils ne payaient que 40 yuans!!! Et bien sûr le jeune homme qui nous avait vendu les tickets avait disparu de la circulation! Nous sommes finalement parties un peu rageuses de nous être faites roulées pour la première fois de la journée…Le paysage défilait et l’on se demandait quand est-ce qu’on allait enfin sortir de DALIAN! Une heure, que ça nous a prit pour sortir de cette ville!

Et puis on a traversé la campagne du Liao Ning bordée de petites maisons basses toutes décorées pour la nouvelle année et entourées de cultures de maïs. A cette époque le maïs est coupé et les paysans disposent les tiges séchées devant leur maison en forme de toits de chaume et en forme de huttes dans les champs. Certains paysans triaient des céréales sur les toits. Sur la route, toutes sortes de véhicules se côtoient, il y a non seulement des voitures et des remorques à trois roues mais aussi des CAMIONS à trois roues! Des paysans sur leurs charrettes tirées par des ânes se faisaient doubler et frôler par notre bus qui klaxonnait à tout va pour prévenir de son arrivée en trombe.

Une Lucette qui commence à désespérer

Une fois arrivées à Zhuanghe, nous n’avons pas bien compris ce qui nous arrivait…comment dire, nous avons été « emporrtées par la fouule », entrainées par le chauffeur du bus et toute une escorte pour être transvasées dans un petit bus en direction de la vallée de bingyu, au milieu de cette foule nous avons juste compris le prix à payer : 9 yuans…La femme qui nous avait fait monter n’avait pas l’air nette, ni très sûre de vouloir nous faire monter au début. Nous avons vite compris pourquoi lorsqu’elle nous a fait descendre un kilomètre plus loin!! En effet le bus a stoppé net devant une série de marchands et d’ânes bâtés qui buvaient à l’abreuvoir, exprès pour régler notre cas! Imaginez un bus de rustres qui essaye de vous faire comprendre quelque chose d’insondable… en chinois! Tout en s’indignant que l’on ne comprenne rien! Pouffant du fait que l’on ne connaisse que l’anglais! La jeune femme nous a redemandé où nous voulions aller, pour finalement nous annoncer que le site de Binyu était fermé! Ils nous ont tous attesté qu’il était impossible pour nous d’y aller… Après ils ont parlé de montagne et de douche, et à partir de ce moment là on a plus rien saisi! Ma a essayé de communiquer en certifiant que nous ne ressentions pas le besoin de se doucher, et là la femme a tout simplement éclaté de rire! Nous sommes donc descendues du bus car on commençait à trouver cette situation très louche! Et dans ces cas-là, on est jamais mieux servi que par soi-même! On a décidé de visiter Zhuanghe et d’y passer la nuit, un peu désillusionnées… (Ma: J’ai commencé à caresser les ânes mais je me suis faite sermonnée: « On a déjà assez d’emmerdes comme ça! ») On a marché dans la ville pour retrouver l’office du tourisme situé près de la gare routière mais celui-ci était fermé! On a donc erré un peu, et comme il faisait grand faim (surtout pour Ma, qui à cause de son grand âge croyait tomber d’inanition) on en a profité pour chercher un resto…

Zhuang He dans toute sa splendeur !
Voilà tous les sortes de véhicules que l'on peut trouver à Zhuang He

Zhuanghe semble être une ville assez récente, avec de grandes rues droites et perpendiculaires, et de grands carrefours (encore plus dangereux) et une grande voie réservée aux véhicules à roues sans moteur… charrettes tirées par des ânes ou mules, brouettes-tricycles, charrettes tirées par des paysans, vélos… C’est un endroit bien plus pauvre que Dalian, où les activités agricoles se ressentent à chaque coin de rue… Nous avons trouvé un petit restaurant familial (qui semblait également être un hôtel ) où nous avons bien mangé. La patronne était très sympa, et son fils, assez jeune, semblait pétrifié à notre vue! Alors que l’on mangeait tranquillement, un groupe de femmes est rentré, et s’est exclamé en nous voyant « Oh que vous êtes jolies!!! Vous venez d’où? Vous comprenez? Oh elles sont jolies! Elles comprennent pas hein?! Si?! Sisi! Vous êtes Russes ou Américaines? » (Averell: « Y’en a marre d’être prises pour des Russes! C’est plus la Guerre Froide! ») A ce moment précis on a vraiment eu l’impression d’être des animaux exotiques en ménagerie! Un peu gênées d’être observées de la sorte! Une fois repues, nous avons demandé à la patronne s’il y avait des chambres de libres pour le soir et si nous pouvions les voir tant qu’on y était… celle-ci s’est empressée de nous mener à l’étage, et nous a ouvert la porte sur une pièce (Averell: « bah y’a qu’un lit dans cette chambre! Et une grande table qui prend toute la place…ah ben, au moins on mangera bien ce soir! »)…qui n’était autre qu’une salle de restaurant privée avec une grande table ronde, porte manteau et banquette! On aurait du s’en douter, beaucoup de restaurants chinois ont ce genre de salle confinée que l’on réserve à l’avance. Enfin, après s’être excusé de ce quiproquo, nous avons demandé à combien de km se situait la vallée de bingyu et si l’on pouvait la visiter à cette saison (têtu comme un dalton!), les employés nous ont répondu que cela devait se situer à 25km et qu’il n’y avait plus de bus le jour même, mais que l’on pourrait sans problème s’y rendre le lendemain.


« Aaah! Enfin une bonne nouvelle! » Pensions nous en sortant du restaurant-qui-ressemblait-fâcheusement-à-un-hôtel, et là, juste devant la porte on tombe sur…UNE TETE DE BOUC! Sisi, morte bien sur, coupée net! Les yeux vitreux, elle commençait à moisir…William: « bon allez, ça suffit les détails! » Était-ce un signe, un mauvais présage?…Bah au point où on en était!


Elle est pas magnifique notre tête de bouc!

Nous nous sommes décidées à trouver un hôtel, un vrai cette fois pour au moins poser nos affaires. Il y en avait un juste en face, cela tombait bien! Dans le hall, plutôt classe, on demande à la réception s’il reste des chambres, « oui, oui! » s’empresse de répondre la réceptionniste « mais il n’y a plus de chambre pour trois personnes ». Elle nous proposa alors deux chambres, nous avons accepté dans la précipitation sans penser au fait que l’on pouvait demander d’installer un lit d’appoint dans une chambre de deux…C’est en entrant dans les chambres que nous nous sommes aperçues qu’il y avait deux lits dans chacune! Encore faites avoir! Tout ça pour la modique somme de 400 yuans, grrrrrr…Du coup, de dépit ou de rage, nous avons pris tous les produits mis à notre disposition dans les chambres! C’est-à-dire 4 cocas, 1 sprite, 1 bouteille d’eau, 4 soupes instantanées, des trucs bizarres en sachets qui avaient un goût de cornichons et des cartes géographiques de Dalian et des environs… il y a avait aussi des préservatifs mais on ne les a pas pris… (quand même!) Les chambres étaient toutefois très bien… (j’ai envie de dire « normal, pour le prix! ») Les draps étaient blancs et propres, la salle de bain nickel… et il y avait même des toilettes assises!!! Incroyable!!! Et le grand luxe: TV avec chaînes câblées, téléphone, fauteuils… mais il faut avouer qu’après toutes ces aventures nous étions tout simplement… blasées. Ce qui a mené à un pétage de câble en bonne et due forme!! Il était 17h, et nous n’arrivions à rien, les yeux fixés sur la carte de Dalian, cherchant un point de fuite, attendant que quelque chose se produise et nous arrache à cette existence cruelle… Il faut donc préciser que finalement, nous n’avons pas posé nos affaires afin de visiter Zhuanghe comme prévu, mais nous sommes posées tout court, emmitouflées dans nos manteaux dans une des chambres, et n’ayant plus qu’une envie…se pendre (dit Averell)!





Mais où allons nous aller? Dalian ? La montagne noire?Pékin ? Canton ? Shanghai?
Tout sauf ZHUANG HE !!!

Pour nous changer les idées nous avons allumé la télé… et sommes tombées sur la fameuse série de la « petite fille qui chiale »!!! (voir vidéo pour description complète!!!) Coup de grâce! Overdose! Rapatriez-nous!!! On commençait à se demander pourquoi on n’avait pas plutôt choisi LEA anglais-allemand (William: « Ou à la rigueur…LEA anglais-japonais! »). Nous avons zappé et sommes tombées sur un match de basket…de la NBA!!! OH BONHEUR! Des Occidentaux! MAYDE MAYDE! C’était trop beau! Devant un tel réconfort, nous avons entrepris de manger sur place les soupes et des saucisses aspect « dinette » (trop roses pour être vraies!), sur le lit, entre le papier toilette, les bagages, et les cartes de voyage… et nous sommes endormies en zappant à la recherche de programmes un peu gais (espèce en voie de disparition en Chine!) On a fini par tomber sur une série à l’eau de rose facile à comprendre dont les acteurs semblaient tout sauf Chinois…
William: « Tu crois qu’ils sont Portugais? »
Averell: « Non ils parlent bien Chinois… de Macao peut-être? »
Ma: « ZZZZZZZ »


Notre pique-nique improvisé PS: Voici notre saucisse bizarre

Le lendemain, bien reposées et décidées à atteindre Binyu coûte que coûte, nous sommes descendues déjeuner… ambiance d’enfer! Il n’y avait personne à part quelques employés mal lunés qui nous ont observées déjeuner tout du long…on a mis le feu!!! Et mangé des pommes de terre à l’ail et des œufs durs bleus fécondés! Même Averell était déçu…dire qu’il avait rêvé d’un bon petit déjeuner d’hôtel français, avec des toasts et du jus d’orange… (soupir)
En partant nous comptions tout simplement dire au revoir et s’enfuir au plus vite, mais les réceptionnistes (ben oui en Chine il y en a toujours un qui travaille et dix qui supervisent!) n’avaient pas l’air coopératives… l’une d’elles a appelé les femmes de ménage: « Comment sont les chambres 407 et 408? Ah…un coca, trois sprites, un shampooing… » A ce moment précis la moutarde nous est montée au nez… « Ils ne vont quand même pas nous faire payer ce qu‘on a consommé dans les chambres?!!! » Nous étions prêtes à rendre tout ce que William avait dans son sac… mais à notre grande surprise, après de longues délibérations (elles s’y sont mises à cinq pour faire les comptes!!!) elles ont fini par nous rendre une liasse de billets… c’est à n’y rien comprendre! Ce que nous n’avions pas consommé nous a été déduit! L’hôtel ne nous a donc coûté que 270 yuans en tout! Environ 30 euros pour trois…
Nous sommes donc parties contentes! La journée commençait bien!




Nous avons pris un taxi pour la vallée de Binyu… qui se trouvait en fait à 40 km, et non pas à 25 comme nous nous y attendions! Le conducteur du taxi était ravi! (Ca lui faisait sa journée voire plus!) Et très sympathique, malgré des conversations courtes et limitées! En extase, nous admirions la campagne qui défilait sous nos yeux… (Ma: J’ai tout de même réussi à demander au taxi si ces cultures étaient bien du maïs… il m’a affirmé que oui, et a même rajouté en désignant des arbres fruitiers: « Et ça, ce sont des fruits!!! » -Fin de la conversation, pour le moins très intéressante…la plus fructueuse qu’on ait eue en fait! - )

Au bout d’un moment, le conducteur nous a montré de grandes montagnes (majestueuses!) au loin: notre but se rapprochait enfin!

Plus on avançait, plus la route devenait étroite et moins la circulation était dense… nous commencions vraiment à être loin de tout… Une petite voix nous soufflait faiblement: « mais comment va-t-on rentrer? » mais notre grande envie d’ailleurs atténuait toute inquiétude!
Le taxi s’est garé sur un grand parking…vide! Il est allé chercher le gardien dans son habitacle, qui semblait tomber des nues: « Vous voulez visiter??? Vous avez mangé au moins? Parce qu’il n‘y a pas à manger à l‘intérieur!!!» « Pas de problème on a tout ce qu’il faut dans nos sacs à dos! »
Le parc était visiblement fermé, mais il a quand même accepté de nous faire rentrer. Nous l’avons suivi chez lui (portes et fenêtres réparées au scotch… made in China!), de la vapeur s’élevait d’un fait-tout sur le feu… il nous a vendu des billets d’entrée à moitié prix… (pour une fois que c’est une moitié en moins! Foi de Dalton, les affaires reprennent!!!) et nous a ouvert la grille… sur l’infini!!!






Nous étions comme des folles! Lacher de touristes en plein hiver!!! Du jamais vu! Avant de repartir le taxi nous a proposé de revenir nous chercher et nous a donné son numéro de téléphone… « Appelez-moi en avance, je vous attendrai, sinon vous allez avoir froid! » (Ma: Rrroooohhh! Il est bien aimable ce monsieur!)
La vue était magnifique… devant nous se dressait une multitude de montagnes entre lesquelles slalomait une rivière gelée… et sur le plus haut sommet un petit temple trônait… « C’est là qu’on va!!! »
Nous avons marché dans le lit de la rivière à moitié sec en cette saison, le nez en l’air, se saoulant du grand air!




Et maintenant les photos:




















Ma: "Dépechez-vous les filles, j'ai le vertige!"






















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